Anne Hidalgo inspirée par la gratuité des bus dunkerquois

Le labo du bus gratuit
Mardi 30 octobre 2018




Ce mardi 30 octobre, Anne Hidalgo était en visite à Dunkerque, la plus grande agglomération française à avoir instauré la gratuité totale de son réseau de bus le 1er septembre dernier. Alors que la maire de Paris a commandé une étude sur la gratuité des transports publics, dont les conclusions sont justement attendues pour la fin de l’année, elle a déclaré avoir relevé plusieurs points communs entre la démarche dunkerquoise et celle qui l’anime.

« Je suis venue m’inspirer de l’exemple dunkerquois. » C'est tout sourire, après une journée intensive de découverte du réseau de bus et des aménagements urbains dunkerquois, qu'Anne Hidalgo a fait part de ses impressions aux journalistes présents.

« Malgré des situations respectives différentes, et notamment le fait que certains de nos transports en commun soient saturés, j'ai relevé deux grands points communs entre Dunkerque et Paris. Le premier, c’est que nous souhaitons redonner du pouvoir d’achat aux habitants. A Paris, outre des gagnants de la mondialisation, vivent aussi des habitants appartenant à la classe moyenne, des familles et des catégories populaires ; 70 % des Parisiens sont d’ailleurs éligibles au logement social. C’est dans ce contexte que nous avons décidé, début 2018, d’offrir la gratuité des transports aux Parisiens de plus de 65 ans sur critère de ressources (moins de 2 000 euros mensuels). Cette mesure a déjà permis à beaucoup de Parisiens de retrouver la mobilité et une vie sociale. A Paris aussi, nous considérons que la mobilité est un droit fondamental ».

La gratuité, outil de lutte contre la pollution

Anne Hidalgo a ensuite pointé un deuxième point commun : « Est-ce que dans une ville comme Paris, la gratuité représente une alternative à la voiture individuelle dans un contexte de pollution atmosphérique ? Nous le pensons ».


La maire de Paris a ensuite longuement défendu la nécessité d’instaurer un débat rationnel sur la question de la gratuité : « Posons les éléments du débat de façon pragmatique, examinons les points positifs comme les points négatifs. Donnons-nous le temps de la réflexion sans laisser place à l’idéologie. L’étude qui est en cours à Paris doit éclairer la réflexion. A Dunkerque, de nombreuses étapes ont été franchies entre l’annonce de la gratuité et sa mise en place. Une gratuité partielle a ainsi été testée, uniquement les week-ends. Le temps de la réflexion a été pris. C'est ce que nous devons faire, nous aussi ».

Agir, quitte à se tromper et à assumer

La conférence de presse s’est poursuivie sur une tonalité très politique : Anne Hidalgo a rappelé avoir l’habitude, comme pour l’interdiction à la circulation automobile des voies sur berge, qu’on lui oppose des arguments idéologiques. « Cette mesure n’aurait soi-disant aucun effet sur la pollution, ni sur la baisse du trafic automobile. C’est faux. Nous avons changé les habitudes des gens et cela prend un peu de temps pour porter ses fruits. [...] Ne pas bouger, ne rien tenter, ça, ce serait un vrai problème. En tant que maire, nous devons débattre, faire des choix, parfois nous tromper et assumer. C’est la beauté de la politique. Les gens qui ne veulent rien changer remettent eux-mêmes assez peu leurs dogmes en question. La pollution de l’air est une réalité, un problème grave qui se pose à nous. Il nous revient de chercher des solutions pour le résoudre. Notre rôle est d’agir ».

L'auteur

Journaliste spécialisée dans les questions urbaines, Vanessa Delevoye est la rédactrice-en-chef d'Urbis le mag.